La Grèce recèle de mille joyaux pouvant faire un collier de merveilles au milieu desquelles Corfou est une très jolie perle. Corfou est la capitale d’une île du même nom qui déroule son relief escarpé le long de la mer ionienne.
Les paysages qui l’entourent rivalisent de beauté, marqués au Nord par le mont Pantokrator et ses 906 m, laissant glisser ensuite le regard vers la mer au fur et à mesure qu’il descend vers le Sud.
La ville de Corfou plonge elle-même vers la mer, à l’Est de l’île, face à la Grèce, adossée à des pans de collines que ses vieilles maisons maculent d’un blanc régulièrement rompu par le vert vénitien des persiennes.
Son histoire est riche d’un passé tumultueux, dictée par la force des convoitises qu’a suscitée la position stratégique d’une terre au carrefour des routes entre Orient et Occident.
Le nom grec de Corfou est Korkyra. C’est le nom d’une nymphe fille du fleuve Asopos et de la rivière-nymphe Métopé. Poséidon, tombé amoureux d’elle, l’aurait alors amenée sur l’île pour y trouver refuge à leur amour.
Alors habitée par les Phéaciens, l’île aurait aussi recueilli Ulysse après qu’il se soit échoué sur un rocher de la pointe de Kanoni, au sud de la ville de Corfou. Ulysse effectuait son voyage de retour vers Ithaque et Nausicaa, la fille du roi des Phéaciens, l’aurait accueilli.
L’île est la terre des Phéaciens mais ces derniers subissent l’invasion des Corinthiens en 734 avant J.C. Sous la protection d’Athènes puis de Rome, elle passe aux mains de l’Empire Byzantin avant d’être contrôlée par le Doge de Venise à partir de 1386. Il s’en suit alors une longue période d’influence vénitienne, jusqu’au 18ème siècle, qui marque le caractère architectural de l’île et de la capitale et façonne le paysage. On assiste au développement massif de la culture de l’olivier encore très présente aujourd’hui. Corfou connaîtra la domination française puis britannique avant d’être remise à la Grèce en 1864.
Ce passé chaotique donne à Corfou un patrimoine culturel unique, fait du mélange des civilisations, où l’identité d’un caractère a pris naissance.
Visiter Corfou s’est ressentir la marque des influences du passé et en premier lieu l’Italie, présente par les persiennes vertes et les églises aux clochers séparés.
Bien sûr la citadelle et les fortifications, le vieux et le nouveau fort, témoignent du passé militaire.
L’église Saint Spyridon, saint Patron de la ville, le musée archéologique, le Palais Achilleion où l’impératrice Elysabeth, Sissi, vint en convalescence, l’île de la Souris, juste en face, et ses monastères, autant de visites qui méritent l’intérêt du visiteur, à associer selon la période aux manifestations culturelles qui font aussi l’âme de Corfou.
Prenez garde à Pâques de ne pas recevoir des cruches sur la tête. Tradition curieuse du Vendredi Saint qui voit les corfiotes jeter des balcons et des fenêtres, à la volée des cloches, des cruches emplies d’eau bénite.
Le Carnaval, le dimanche précédent le Carême vous invite à la fête et le Festival de Corfou, en septembre, est l’occasion de rencontres musicales, de théâtre et de ballets.
Corfou la belle, la captivante, une ville de Grèce et d’ailleurs, vivant aujourd’hui du tourisme, principale ressource, mais aussi de la culture de l’olivier toujours aussi intense. Elle recouvre la majeure partie des terres cultivables de l’île. La pêche est encore un peu présente mais le port fait surtout le lien avec le continent, accueillant les passagers en provenance d’Igoumenitsa, Patras et Brindisi en Italie.
